PARIS - CULTURE - 2008

PARIS - CULTURE - A TITRE D'INFORMATION - 2008-12-03

PARIS CENTRE POMPIDOU
Vidéo et après » est un rendez-vous mensuel consacré aux vidéos d'artistes de la collection du Musée national d'art moderne. Parcourant l'histoire des pratiques artistiques liées à la vidéo, depuis le début des années 1960 jusqu'à nos jours, « Vidéo et après » propose une série de rencontres avec des artistes et des historiens de l'art contemporain au travers de projections, de conférences et de discussions. Les programmations sont orientées selon différents axes : séances thématiques ou monographiques, séances en lien avec l'actualité culturelle, cartes blanches à des artistes.


PARIS - CULTURE - par bruno duval DANS LES TRANSES DU SACRÉ(recu sur le net ) - 2008-06-28

(ce texte merite d'etre lu pour les connaisseurs c'est une mine )

DANS LES TRANSES DU SACRÉ
PAS DE MUR DE LA VIE PRIVÉE
Le vendredi 24 mai 2008 en fin de soirée Bruno rentre chez lui 10 rue Yvonne Le Tacet retrouve Béatrice pianotant sur son Mac
la conversation s'engage sous la lampe pour se terminer au lit - Ça s'est bien passé, aux Éditions des Cendres ? Rue des Cendriers, l'encens monte toujours plus haut dans la chapelle de Rutault. Alors, quoi de neuf chez les Kopylov ?- L'exaltation ton sur ton de la couleur pure s'imprime à Saint-Prim. Faut bien qu'elle s'exprime !
Ça vaut mieux que la déprime. Et le buffet ? - De quoi patienter, avec un raffinement littéraire, jusqu'à l'entrée des artistes. Lequels ? Tout auréolés des Traces du sacré à Beaubourg, Marc et Arlette Couturier avaient amené en voisine Orlan, les bosses frontales pailletées d'or, avec son petit mac dans sa poche. Se prendrait-elle pour la Vénus internationale ? Mac Orlan a fait mieux. "C'est rue de la Clique que j'ai pris mes claques…" pourrait chanter, d'après Montero, Orlan. Pour lui adresser la parole, j'ai surmonté mes préventions encore tenaces contre sa manie de l'auto-consécration permanente. - Tu avais quelque chose à lui demander ? Je voulais lui apprendre l'Alzheimer de Jean-Pierre Le Goff, qu'elle avait hébergé un 9 octobre pour enfiler des perles, comme il le faisait chaque année chez quelqu'un de différent. Elle n'habitait pas encore la Manufacture des œillets, à Ivry, où les Cabanis nous avaient invités en sa compagnie (sur sa boîte aux lettres était inscrit le prénom de Mireille …).Il y a beau temps qu'à son retour de New York elle a de nouveau changé d'adresse. Comme je n'avais pas sur moi le numéro de Jean-Pierre, elle m'a donné sa propre carte. Et tu l'as déjà perdue ! Pas encore. Tu sais où elle habite? Non. Rue de la Fontaine-au-roi. Pas possible ! Au début des années quatre-vingt, Catherine Orsell, étudiante en arts plastiques venue de Bernay, dans l'Eure, rêvait d'y fonder un foyer avec le mail-artist niçois Jacques Massa, qui lui avait révélé Ben, émule frénétique de Duchamp. Dans les parages de Beaubourg, Orlan avait, en ma présence, tenté de lui tenir tête. - Le monde est petit, surtout quand on prétend, comme le regretté Raymond Hains, en occuper mondainement le centre onomastique. Comme aurait dit, en français dans le texte, le Beatle Lennon, ONO… M'ASTIQUE. - Raymond lui-même ne te l'aurait pas fait pas dire. De Maudétour-en-Vexin, où l'avait casée André Sarfati, la Rouennaise Catherine Vaillot était revenue s'installer à Paris rue d'Orsel, pour se glisser dans le giron matriarcal d'Yvonne Le Tac, sa jumelle parmi les Abbesses de Montmartre. - Une Bretonne, comme Le Goff, qui m'avait proposé de faire une expo à la galerie sur les "saints céphalophores", parmi lesquels Saint-Denis, dont on visite encore aujourd'hui la crypte du Martyrium, où Ignace de Loyola fonda plus tard l'Ordre des jésuites. Le vrai nom de la rue, c'est Antoinette, parallèle à Berthe et à Gabrielle qui la dominent de tout leur haut. Les soirs de déprime, Catherine Vaillot m'invitait à partager son ordinaire familial avec mon ancien condisciple du lycée Carnot de TunisJusqu'à la fin de l'année 1982, elle ne nous avait jamais reçus ensemble au 47 ter rue d'Orsel. Elle tenait à me réserver à son usage personnel. Moi aussi. Sans doute prévoyait-elle que, rue Yvonne Le Tac, nous risquions de faire une fin. Au collège du même nom, rue d'Orsel, elle emmenait son aîné Anaël, né un 13 décembre. En 1982, c'était un lundi. Pour échapper aux pesanteurs du début de la semaine, elle avait préféré le fêter le mercredi 15. Tu es sûr de la date ? Le vendredi 17, je t'ai envoyé une carte postale reproduisant une gravure ancienne de la fontaine du Palais-Royal, pour consacrer les traces du sacré dans notre rencontre CAR HANTE CETTE TERRE EUT D'OR SEL. Je me suis dit que tu étais complètement fou. Le millésime 47 de ma naissance avait enfin trouvé sa place sur TER(RE). "…comme ORSEL". De façon moins romanesque, c'est à un autre étage du 47 ter de cette rue, dont le rez-de-chaussée est occupé par Christine Diegoni, une antiquaire "Années cinquante", que demeure encore aujourd'hui Roger Langlais, libraire en chambre spécialisé dans les "Fous littéraires" (catalogue Malombra). Au début du Troisième millénaire, il m'a présenté à Marc Kopylov, des Éditions des Cendres, pour lui proposer de rééditer la Théologie des chemins de fer d'Antoine Madrolle, dont je venais, grâce à ton acquisition personnelle du Château de Vannaire, de retrouver la trace sur son ancienne terre du Châtillonnais. Par-delà la Bourgogne, il y a la Suisse…Au début des années soixante-dix, on aurait pu se rencontrer à la Cité universitaire de Genève, sur les crêts de Champel, avenue de Miremont. Je m'y suis seulement trompé de Béatrice. - À moins que ce ne soit elle qui t'ait trompé. Quand je me suis cru autorisé, comme dans l'ancien temps, à répudier cette Jeune Ève, c'est chez André, rue de l'abbé Carton, que je l'ai expédiée à l'ouest de Paris, restant seul avenue Secrétan, au nord, que j'avais pourtant bel et bien perdu. - On aurait pu se rencontrer au Studio 43, rue du faubourg Montmartre, le seul soir où l'on y projetait Julie de Carneilhan. (T'as lu ciné ! - T'as pas lu Colette.) …ou au Vésinet, où, enfant, j'allais en vacances chez mes grands-parents. J'y avais passé des vacances en famille dès 1948, deux ans avant ta naissance. C'était la date de naissance, à Madrid, de ma sœur aînée Catherine, aujourd'hui suicidée. Comme ma sœur cadette Catherine, née à Tunis à la mi-siècle. C'est, avec Christine, le prénom d'une génération de filles de bonnes familles chrétiennes. Deneuve, Millet etc (l'essence de Catherine, c'est la catherinité, cas de la Trinité : TER). …sans oublier Delfino, la demi-sœur cadette de Richard Sünder, inventeur de l'Arithmétique. Montant de Nice à Paris, ses deux filles ont habité, bien après Catherine Orsell, rue de la Fontaine-au-roi, dont Orlan occupe aujourd'hui le numéro 48. Aujourd'hui, pour tenter d'épousseter les cendres de leur foyer délétère, Francis et Ginou Duval-Duclos, tous les deux de lointaine origine normande, ont fini par accepter, à l'initiative de leur fils cadet Laurent, de se réunir tous les mois, en groupe de thérapie familiale, boulevard du Général Louis-Delfino, à Nice, près de l'esplanade Normandie-Niemen, escadrille dont le père de Catherine, second mari de la mère de Richard, était le héros. Bien des années plus tôt, 7, rue des Trois-Frères, entre les rues d'Orsel et Yvonne Le Tac, ancienne rue Antoinette, la "troisième sœur" de Berthe et Gabrielle, tu rachetais l'échoppe d'un cordonnier pour en faire une galerie d'art. “MIEUX QUE DURAND-DESSERT, DUVAL-DUNNER”, avait écrit Ben, à qui on avait demandé de nous faire de la pub dans son petit Can'art. Catherine Orsell n'en croyait pas ses orteils.- Dès la première année de la galerie A-TE-LIER, fine allusion au théâtre de la place Charles- Dullin, elle était repartie par la rue d'Orsel avec Eric Menbrives, un artiste famélique qu'elle venait de rencontrer au vernissage de l'expo Bande à part, re-fine allusion aux colonnes de Buren, qui venaient d'être inaugurées au Palais-Royal, avec leur sous-sol aqueux. Neuf mois plus tard, rue de la Fontaine-au-Roi, Catherine épongeait, en hommage à tel urinoir intitulé Fountain par Marcel Duchamp alias R.Mütt, les selles d'or de son premier né. La galerie Duval-Dunner a eu beau faire long feu, elle n'en a pas moins fait des petits. Nous non. D'Orsell à Orlan, comme d'Orsay à Orléans. De la Putain du Grand Palais, où, au premier vernissage de la FIAC, Orlan avait signé le Baiser de l'artiste, à la Pucelle du Dauphin, "ça nous ramène à Reims", comme dirait R.Hains, au vernissage duquel, Béatrice et moi, on était allé assister dans la ville où, jadis, on sacrait les rois. Les traces du Sacre, c'était déjà les Traces du sacré. Pourquoi pas les transes ! Excuse-moi, mais j'ai sommeil.